Assertivité : savoir s’affirmer sans devenir agressif ni s’effacer

L’échelle de Rathus (1973), un outil essentiel pour retrouver sa juste place
« Entre subir et dominer, il existe une troisième voie : celle de l’affirmation de soi. »
À chaque période de tension collective, et particulièrement sous certaines Pleines Lunes où l’axe Lion-Verseau est fortement activé, une même question revient :
Comment défendre ses besoins sans écraser ceux des autres ?
Ou à l’inverse…
Comment rester ouvert aux autres sans s’oublier soi-même ?
Cette question est au cœur de ce que la psychologie appelle l’assertivité.
Qu’est-ce que l’assertivité ?
Le terme vient de l’anglais assertiveness, qui signifie la capacité à exprimer clairement ses pensées, ses émotions, ses besoins et ses limites tout en respectant ceux d’autrui.
Il ne s’agit ni d’être gentil à tout prix, ni de devenir dur ou autoritaire.
C’est apprendre à dire oui quand c’est oui non quand c’est non, sans culpabilité, sans violence, sans manipulation.
L’assertivité est aujourd’hui reconnue comme une compétence essentielle en psychologie, en communication non violente, en management et dans les thérapies comportementales.
Andrew Rathus et l’échelle d’assertivité (1973)
En 1973, le psychologue Andrew S. Rathus développe la Rathus Assertiveness Schedule (RAS), une échelle destinée à mesurer le degré d’affirmation de soi.
Son objectif est simple :
Évaluer où une personne se situe sur un continuum allant de la passivité à l’agressivité, en passant par l’assertivité.
L’idée fondamentale est que la majorité des difficultés relationnelles proviennent d’un déséquilibre entre ces trois modes de fonctionnement.
Les trois grandes attitudes relationnelles
1. La passivité : je m’efface
La personne passive évite le conflit. Elle préfère souvent se taire plutôt que risquer de déplaire.
Elle dit oui alors qu’elle pense non. Elle s’adapte constamment. Elle minimise ses besoins.
À court terme, cela paraît maintenir la paix. Mais à long terme apparaissent frustration, ressentiment, perte d’estime de soi, fatigue émotionnelle parfois anxiété ou dépression.
Le corps finit souvent par exprimer ce que la parole n’a jamais osé dire.
2. L’agressivité : je m’impose
À l’autre extrême se trouve l’agressivité. Ici, le besoin personnel devient prioritaire sur celui des autres. On cherche à convaincre, à contrôler, à avoir raison, à gagner.
Le ton peut devenir autoritaire, sarcastique ou intimidant. L’agressivité donne parfois une illusion de force mais elle cache fréquemment une grande insécurité intérieure.
Elle entraîne conflits, ruptures, peur, rapports de domination.
3. L’assertivité : je m’affirme
L’assertivité est un équilibre.
Je reconnais mes besoins et reconnais également ceux de l’autre. Je peux dire non. Je peux demander et je peux recevoir un refus.
Je peux écouter sans me soumettre et parler sans attaquer.
L’objectif n’est plus de gagner contre quelqu’un mais de construire une relation où chacun existe.
Comment reconnaître ces trois styles de communication au quotidien ?
Au-delà des mots, notre manière de communiquer passe aussi par notre voix, notre regard, notre posture et notre attitude générale. C’est souvent là que se révèle notre degré d’assertivité.
Le profil passif a tendance à parler d’une voix faible ou hésitante, avec un débit lent et une intonation peu expressive. Son regard est souvent fuyant, sa posture repliée et sa gestuelle discrète. Il minimise ses besoins, s’excuse fréquemment, évite les conflits et préfère céder plutôt que risquer de déplaire. Derrière cette attitude se cachent souvent la peur du rejet, la culpabilité, un manque de confiance en soi et un profond sentiment de frustration ou d’insatisfaction. À force de ne pas s’autoriser à exister, il peut développer du ressentiment ou voir son corps exprimer ce que les mots n’ont jamais osé dire.
Le profil agressif, à l’inverse, s’exprime avec une voix forte, un débit rapide et une intonation parfois excessive, ironique ou autoritaire. Son regard peut devenir insistant, sa gestuelle envahissante et sa posture dominante. Il parle beaucoup, interrompt facilement, cherche à convaincre ou à imposer son point de vue. Cette attitude procure parfois une satisfaction immédiate, celle d’avoir « gagné » ou obtenu ce que l’on voulait, mais elle génère souvent des tensions, des conflits et de l’hostilité dans les relations. Sous cette apparente assurance se cache fréquemment une profonde insécurité ou la peur de perdre le contrôle.
Le profil assertif, ou affirmé, représente un équilibre entre ces deux extrêmes. La voix est claire, posée et adaptée à la situation. Le débit est calme, l’intonation reflète naturellement le contenu du message, le regard est direct sans être défiant et la gestuelle est ouverte, stable et congruente. La personne exprime ses besoins avec clarté, sait dire « non » lorsque cela est nécessaire, écoute véritablement son interlocuteur et respecte autant ses propres limites que celles des autres. Cette manière d’être favorise un sentiment de cohérence intérieure, de confiance et de bien-être, tout en construisant des relations plus authentiques, équilibrées et respectueuses.
En réalité, nous passons tous d’un registre à l’autre selon les situations, les personnes ou notre niveau de stress. L’objectif de l’assertivité n’est donc pas de devenir parfait, mais de développer progressivement cette capacité à s’affirmer sans s’effacer et sans écraser l’autre. C’est cette troisième voie qui permet de sortir des rapports de domination ou de soumission pour entrer dans une relation fondée sur le respect mutuel et la responsabilité.
L’échelle de Rathus : un continuum plus qu’une étiquette
Rathus insiste sur un point essentiel :
Nous ne sommes pas définitivement passifs, assertifs ou agressifs. Nous oscillons selon notre histoire familiales, nos blessures, notre estime de nous-mêmes, notre niveau de stress, les personnes que nous avons en face de nous.
Une personne peut être très affirmée au travail et totalement passive dans son couple ou inversement. L’assertivité est donc une compétence qui se développe.
Pourquoi est-il si difficile de s’affirmer ?
Dans ma pratique de psychopraticien, je retrouve souvent plusieurs racines :
la peur du rejet, la peur de l’abandon, la culpabilité, l’éducation reçue et ses drivers (« sois gentil », « ne fais pas de vagues »), les traumatismes relationnels, les loyautés familiales invisibles, le manque de confiance en soi.
Certaines personnes ont appris très tôt que parler était dangereux, d’autres que demander était égoïste, d’autres encore que dire non faisait perdre l’amour.
Le travail thérapeutique consiste alors à redonner à la personne la permission d’exister.
Ce que nous enseigne l’astrologie
En astrologie évolutive, cette dynamique fait écho à plusieurs archétypes.
Le Lion nous invite à rayonner sans arrogance. Le Verseau nous rappelle que chacun possède une place dans le collectif.
Mars apprend à agir. Saturne pose les limites. Jupiter développe la confiance. Pluton demande d’abandonner les rapports de pouvoir pour retrouver une puissance intérieure authentique.
Une Pleine Lune mettant en tension ces archétypes agit comme un révélateur.
Suis-je encore en train de me taire ou suis-je en train d’imposer ma vérité ? Ou bien suis-je enfin capable de parler avec fermeté et respect ?
Une question simple pour progresser
Avant chaque échange important, posez-vous cette question :
« Ce que je vais dire respecte-t-il autant mes besoins que ceux de l’autre ? »
Si la réponse est oui, vous êtes probablement dans l’assertivité. Si vous vous oubliez, vous glissez vers la passivité. Si vous oubliez l’autre, vous risquez de tomber dans l’agressivité.
Conclusion
L’affirmation de soi n’est ni un combat ni une soumission. C’est un art ! L’art d’habiter pleinement sa place sans envahir celle des autres.
Comme souvent en psychologie, en communication consciente ou en astrologie évolutive, la véritable puissance ne réside pas dans le rapport de force.
Elle réside dans la capacité à rester profondément aligné avec soi-même tout en demeurant ouvert à la relation.
Prendre rendez-vous
Addresse
807 chemin de Campredon
30260 QUISSAC
Téléphone
+0695173834
instant.present@gmx.fr
Horaires
9h-12h / 14h-19h

Commentaires récents